La destruction de Jérusalem : quand?

Dans les Tour de Garde du 1er octobre et du 1er novembre 2011, se trouve un article en deux parties intitulé "Quand l’ancienne Jérusalem a-t-elle été détruite?". Cet article commence par la citer la question très pertinente d’un lecteur : "Les historiens et les archéologues situent généralement la destruction de Jérusalem en 586 ou 587 avant notre ère. Pourquoi vous, les Témoins de Jéhovah, écrivez-vous que cet événement a eu lieu en 607? Sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer cela?".

Selon la Watchtower, la Bible pointe sur -607

L’article débute en affirmant que la Bible elle-même indique que Jérusalem a été détruite en -607. "Pourquoi les Témoins de Jéhovah s’en tiennent-ils à une date qui diffère d’une vingtaine d’années de celle couramment admise? En un mot, en raison des éléments que la Bible elle-même fournit.".

La Bible fournit-elle des éléments démontrant que Jérusalem a été détruite en -607? C’est ce que nous allons voir maintenant.

Le début et la fin des 70 ans

L’article tente d'emblée de démontrer que les 70 ans de Jérémie ne concernent pas la période allant de -609 à -539. Pour appuyer cela, il cite Jérémie 25 : 1-11 ; Jérémie 29 : 10 ; 2 Chroniques 36 : 20, 21 ; 2 Rois 25 : 25, 26, tentant de démontrer que les 70 ans devaient débuter lors de la destruction de Jérusalem, et finir après le retour d'exil. Cependant, ces passages parlent tous d'un début des 70 ans lors de la désolation de "ce pays [Juda] et ses habitants, et toutes les nations qui l'entourent". Cela indique que ce n'est pas seulement Jérusalem qui est concernée, mais que les 70 ans débutent lors d'une dévastation qui s'étend sur une bien plus vaste échelle. Malgré cela, la Watchtower en déduit que les 70 ans commencent lors de la destruction d'une seule ville : Jérusalem.

Selon l'article, cet évènement marque le début d'une période durant laquelle "le pays ne serait pas cultivé ; personne ne sèmerait son champ ni ne taillerait sa vigne". Or, si l'on en croit 2 Rois 25 : 12, après la destruction de la ville "une partie des pauvres gens du pays [est restée] pour cultiver la vigne et les champs.". La Watchtower contredit donc clairement la Bible elle-même !

L’article continue en demandant "quand les 70 ans ont-ils pris fin ?". Elle cite Daniel 9:1, 2, qui montre Daniel en train d’attendre la fin des 70 ans durant la 1ère année de Darius le Mède. Elle cite aussi Esdras, dont le livre situe la fin des 70 ans durant la première année de Cyrus : "le septième mois [de la première année de Cyrus] arriva, et les enfants d'Israël étaient dans leurs villes." (Esdras 3:1). Le septième mois (tishri) correspond à septembre-octobre de nos calendriers modernes.

La conquête de Babylone par Cyrus est fixée en -539 (un encadré, sur lequel nous reviendront en détail, explique comment cette date est calculée). Pourtant, l’article conclu de ce qui précède que les 70 ans ont pris fin à l’automne -537. Or, la première année de Cyrus à Babylone, qui suit son année d'accession au trône, se situe selon le calendrier babylonien entre nisan (mars-avril) -538 et nisan -537. Pour arriver jusqu'en septembre-octobre -537, la Watchtower est donc forcée de faire mentir Esdras, qui fixe clairement le retour d'exil une année plus tôt.

Discrédit sur les historiens classiques

L’article continue avec cette question : "Les historiens classiques : sont-ils infaillibles?". Il est fait mention de Bérose, Polyhistor, Josèphe, et Ptolémée. Un tableau nous montre, sans citer aucune source, que les durées de règnes des souverains babyloniens ne concordent pas:

Souverains Bérose
v. 350-270 av. n. è.
Polyhistor
105-? av. n. è.
Josèphe
37- ? 100 de n. è.
Ptolémée
v. 100-170 de n. è.
Nabopolassar 21 20 - 21
Nabuchodonosor II 43 43 43 43
Amel-Mardouk 2 12 18 2
Nériglissar 4 4 40 4
Labashi-Mardouk 9 mois - 9 mois -
Nabonide 17 17 17 17

En lisant le tableau, on remarque que les durées de règne de Nabuchodonosor et de Nabonide sont cohérentes. De plus, le règne de Nériglissar, fixé à 40 au lieu de 4 ans par Josèphe ("Antiquités judaïques", livre X, XI, 2), résulte sans doute d’une simple erreur de copie. Les durées de règne de Nabopolassar et de Labashi-Mardouk diffèrent de moins d’un an, ce qui s’explique par une simple différence dans les méthodes de calcul. Ces différences ne discréditent donc en aucune manière les historiens classiques, et surtout pas Bérose et Ptolémée.

Le seul vrai problème est celui de la durée de règne d’Amel-Mardouk, qui serait faux chez Polyhistor et Josèphe. Dans ce cas, on a en effet de la peine à expliquer la grande différence qui existe entre les textes des historiens classiques. Vu que les chiffres sont trop différents, cela implique-t-il qu’il est impossible de savoir précisément combien de temps Amel-Mardouk a régné ?

Non bien sûr. Pour commencer, on se peut se rendre compte que Flavius Josèphe est en accord avec les Bérose et Ptolémée dans "Contre Apion", XX, 145-153, où il donne une durée de deux années de règne à Amel-Mardouk, et quatre années à son successeur Nériglissar. Ensuite, il suffit de se tourner vers l’archéologie, et non vers les historiens classiques, pour complèter nos connaissances.

Des milliers de tablettes d’affaires de la période néo-babylonienne ont été retrouvées. Chacune est datée au jour de la transaction. Par exemple, on a retrouvé une tablette datée du "sixième jour du mois Sivan, la première année d'Amel-Mardouk, le roi de Babylone". Grâce à ces tablettes, on peut savoir très précisément combien de temps chaque souverain babylonien a régné, et même dans certains cas cela est précis au jour près ! Concernant Amel-Mardouk, on a retrouvé plus de 150 tablettes qui ont été gravées durant son règne. Sur ces plus de 150 tablettes, aucune n'est datée au-delà de sa deuxième année de règne. Cela démontre que ce règne a donc duré deux ans, comme Bérose, Ptolémée et Josèphe (dans "Contre Apion") le disent.

Discrédit spécial sur Ptolémée

Pour discréditer encore plus Ptolémée, la Watchtower tente de nous faire croire qu’il ignore une partie importante de l’histoire babylonienne. Le fait qu’il ne mentionne pas les rois babyloniens Sin-shoumou-lishir et Sin-sharra-ishkoun serait révélateur de sa méconnaissance de l’histoire. Cela est-il exact ?

En fait, ces rois soi-disant oubliés par Ptolémée n’ont jamais régné seuls sur Babylone. Ils ont régné en même temps que d’autres rois babyloniens plus importants, et c’est donc pour cette simple raison que Ptolémée n’en fait pas mention. Cette omission ne remet donc absolument pas en cause la fiabilité de ses écrits, bien au contraire.

Le calcul pour fixer -539

Tout ce qui précède montre déjà la mauvaise foi de la Watchtower. Mais il y a plus! Examinons maintenant l’encadré de la page 28 :

UNE DATE FONDAMENTALE

On fixe à 539 avant notre ère l’année de la conquête de Babylone par Cyrus II en s’appuyant sur les témoignages suivants :

Sources historiques anciennes et tablettes cunéiformes :

Diodore de Sicile (v. 80-20 av. n. e.) a écrit que Cyrus est devenu roi de Perse “ dans la première année de la cinquante-cinquième olympiade ”. (Bibliothèque historique, livre IX, 21.) Il s’agit de l’an 560. L’historien grec Hérodote (v. 485-425) raconte que Cyrus a été tué après avoir “ régné en tout vingt-neuf ans ”, ce qui situerait sa mort dans sa 30e année de règne, à savoir 530 (Histoires, livre I, Clio, 214). Les tablettes cunéiformes indiquent que Cyrus est mort après avoir régné sur Babylone pendant neuf ans. Dès lors, si à compter de 530, année de sa mort, on remonte de neuf ans en arrière, la date de la conquête de Babylone par Cyrus est 539.

Confirmation par l’analyse d’une tablette :

Une tablette astronomique babylonienne (BM 33066) confirme que Cyrus est mort en 530. Bien que certaines positions astronomiques y figurant soient erronées, cette tablette d’argile mentionne deux éclipses lunaires qui auraient eu lieu dans la septième année de Cambyse II, le fils et successeur de Cyrus. On les identifie à deux éclipses qui ont été visibles à Babylone le 16 juillet 523 et le 10 janvier 522, ce qui fixerait le début de la septième année de Cambyse au printemps 523. La première année de son règne correspondrait donc à 529. Par conséquent, la dernière année de Cyrus aurait été 530, ce qui établit la première année de son règne sur Babylone en 539.

Ce texte est édifiant. Qu'utilise-t-on pour fixer -539 ?

1. Des historiens classiques, dont l’article dit clairement qu'ils ne sont pas fiables.
2. Des tablettes d’affaires cunéiformes, qui sont toutes en accord avec les chiffres de Bérose et de Ptolémée, et infirment donc -607.
3. Une tablette astronomique, dont plusieurs figures sont erronées.

On doit en convenir, la méthode de la Watchtower pour fixer -539 est bien moins fiable que celle que les historiens modernes utilisent pour fixer la destruction de Jérusalem en -587.

Conclusion de la première partie

Dans la conclusion de la première partie de l’article et l’encadré intitulé "pour résumer", il est dit que "les historiens s’appuient principalement sur les écrits des historiens classiques et sur le canon de Ptolémée". Selon la Watchtower, ces écrit "contiennent des erreurs de taille et ne concordent pas toujours avec le témoignage des tablettes antiques."

Cette conclusion est fausse. Les sources des historiens sont multiples. Les écrits des historiens classiques sont une source parmi beaucoup d'autres. En fait, l'une des sources la plus fiable pour fixer les durées de règnes des rois néo-babyloniens, ce sont les près de 5'000 tablettes d’affaires de la période en question. Comme nous l’avons vu, la Watchtower elle-même les utilise pour fixer la durée de règne de Cyrus.

Deuxième partie de l'article

Après avoir discrédité les sources historiques, la Watchtower s'évertue dans la deuxième partie de l'article de discréditer les sources archéologiques. Elle s'attaque aux sources utilisées par les spécialistes que sont les chroniques babyloniennes, les tablettes commerciales et les tablettes astronomiques.

Discrédit sur les chroniques babyloniennes

Tout d'abord, la Watchtower reproche aux chroniques babyloniennes de comporter des lacunes. Elle se sert de ce seul prétexte pour rejeter en bloc ce qu'elles contiennent.

Il est vrai que les chroniques babyloniennes comportent des lacunes. Est-ce toutefois une raison pour infirmer ce qu'elles disent ? La Bible aussi comporte des lacunes concernant l'histoire babylonienne. Elle affirme que Nabuchodonosor a régné 43 ans (calculable d'après 2 Rois 25:27), et qu'Amel-Mardouk lui a succédé, mais elle ne dit pas grand chose de plus sur ses successeurs, et ce jusqu'à la prise de Babylone par Cyrus. Faut-il donc la considérer comme peu fiable pour cette seule raison ?

Discrédit sur les tablettes commerciales

Ensuite, la Watchtower reproche aux tablettes commerciales de se chevaucher sur plusieurs mois. Le tableau ci-dessus résume ce que l'on connaît de ces tablettes :

Roi néo-babylonien Durée
de règne
Nombre de
textes datés
Nombre de textes
par année de règne
Premières tablettes
disponibles
Dernières tablettes
disponibles
Nabopolassar 21 ans 430 20,5 13/II/acc ; 22/VI/acc ; 26/VIII/acc 6/II/21 ; 1/V/21 ; 8/V/21
Nabuchodonosor II 43 ans 2322 54 1/VI/acc ; 12/VI/acc ; 18/VI/acc 14/VI/43 ; 21/VI/43 ; 26/VI/43
Amel-Mardouk 2 153 76,5 ?/V/acc ; 26/VI/acc ; 19/VII/acc (1) 13/V/2 ; 17/V/2 ; 19/X/2 (2)
Nériglissar 4 214 53,5 4/II/acc ; 23/V/acc ; 27/V/acc (2) 2/I/4 ; 6/I?/4
Labashi-Mardouk 3 mois 12 48 23/I/acc ; 12/II/acc 9/III/acc ; 12/III/acc
Nabonide 17 3317 195 15/II/acc ; 1/III/acc ; 18/III/acc (3) 4?/VII/17 ; 8/VII/17 ; 17/VII/17

(basé sur "Babylonian Chronology: 626 B.C. — A.D. 75", version 2007)

(1) Le chevauchement entre le règne de Nabuchodonosor II et celui d'Amel-Mardouk est dû à plusieurs facteurs. Tout d'abord, la société Watchtower veut faire croire que le règne de Nabuchodonosor II a duré jusqu'au 10ème mois de sa 43ème année, en se basant sur la tablette BM 55806. Cependant, cette tablette a été mal lue, et est actuellement datée du 5ème mois de la 43ème année, c'est-à-dire avant la date donnée dans le tableau (26ème jour du 6ème mois).

Ensuite vient le problème de la détermination du début du règne d'Amel-Mardouk. Deux tablettes sont en cause : BM 80920, que la Watchtower date du 4ème mois de l'année d'accession, mais qui a depuis été révisée et datée du 7ème mois ; et BM 58872, qui est datée très clairement du 5ème mois de l'année d'accession d'Amel-Mardouk. Cela indique-t-il qu'il y aurait eu un roi intermédiaire entre Nabuchodonosor II et Amel-Mardouk ? En réalité, non, car la Bible elle-même montre que le successeur direct de Nabuchodonosor II fut Amel-Mardouk. L'explication la plus simple est donc que le scribe qui a écrit BM 58872 a anticipé la mort de Nabuchodonosor II, et daté la tablette du règne de son successeur avant même que celui-ci ne soit définitivement établit comme roi. Notons que ce chevauchement ne concerne qu'un seul mois et qu'une seule tablette sur les plus de 150 retrouvées durant le règne d'Amel-Mardouk.

(2) Le chevauchement entre le règne d'Amel-Mardouk et celui de Nériglissar est dû à seulement deux tablettes : BM 61325 (datée de 19/X/2 d'Amel-Mardouk) et BM 75489 (datée de 4/II/acc de Nériglissar). La Watchtower parle d'une autre tablette (BM 75106) datée soi-disant du 7ème mois de la 2ème année d'Amel-Mardouk, mais elle omet de dire que celle-ci a été relue plus attentivement et datée depuis au 4ème mois de la 2ème année. De plus, les spécialistes pensent que BM 61325 et BM 75489 contiennent simplement des erreurs de scribes. Ainsi, si l'on ne retient pas ces deux tablettes, on constate que le règne d'Amel-Mardouk s'est terminé au 5ème mois de sa 2ème année, et que le règne de son successeur Nériglissar a commencé au 5ème mois de son année d'accession, ce qui est cohérent.

(3) Nabonide a commencé à régner avant même que Labashi-Mardouk ne meurt, le règne de ce dernier étant très controversé.

On le voit, hormis quelques erreurs de scribes ou d'interprétations, les tablettes sont cohérentes avec les historiens classiques, et appuient donc la date de -587.

Discrédit sur les tablettes astronomiques

Pour finir de discréditer les sources archéologiques, il ne reste plus à la Watchtower à s'attaquer aux tablettes astronomiques. Elle leur reproche d'avoir été écrites, pour certaines, bien après les évènements.

Même si c'est effectivement le cas pour certaines d'entre elles, un grand nombre sont le résultat d'observations directes. Dans ces cas-là, comme dans les autres, les données sont cohérentes entre elles, et confirment la chronologie mentionnée plus haut. Leur fiabilité ne peut donc pas être mise en doute.

Conclusion concernant l'archéologie

Tout les reproches de la Watchtower sont censés nous convaincre qu'absolument tous les documents archéologiques dont nous disposons, aussi cohérents soient-ils entre eux et avec les récits des historiens, ne sont pas suffisamment fiables pour en déduire quoi que ce soit sur la période en question. Le principal problème avec cette approche, c'est qu'elle discrédite du même coup absolument toute la recherche archéologique babylonienne, même celle qui soutient sa "date pivot" de -539 !

On ne peut pas à la fois se baser sur les sources archéologies et historiques pour établir -539, et en même temps les discréditer lorsqu'elles établissent aussi -587. Si rien n'est fiable, alors -539 ne l'est pas non plus. Si -539 est fiable, alors -587 l'est aussi. Comme ces deux dates sont calculées en se basant sur les mêmes sources, il est clair que l'une ne va pas sans l'autre.

VAT 4956

La tablette astronomique VAT 4956 est ensuite examinée en détails dans l'article. Il est dit clairement que les spécialistes situent la destruction de Jérusalem en -587 en se basant sur cette tablette. Toutefois, la Watchtower remet cela en cause, et utilise cette même tablette pour la fixer en -607. Comment réussit-elle ce tour de force ?

Les notes en bas de page sur ce sujet (18, 18a et 19) sont édifiantes. On voit que certaines informations de cette tablette sont illisibles, et que donc seule la position de la lune est utilisée. Selon la Watchtower, la position de la lune serait d'une grande fiabilité, mais pas le reste de la tablette (qui soutient clairement -587) !

Pour résumer, la Watchtower affirme qu'une petite partie d'une seule tablette astronomique, dont plusieurs données sont illisibles, et dont elle occulte certaines données lisibles qui la dérangent, suffit à fixer la destruction de Jérusalem en -607 ! Dans le même article, elle se permet de dire qu'aucune de toutes les autres tablettes archéologiques retrouvées à ce jour (dont beaucoup sont en meilleur état que VAT 4956), n'est suffisamment fiable pour établir la date de la destruction de Jérusalem ! En d'autres mots: c'est fiable lorsque ça m'arrange. Ca ne l'est plus lorsque ça me dérange.

Pour couronner le tout, il faut savoir que la Watchtower considérait jusqu'à il y a peu la tablette VAT 4956 comme peu fiable (comme pour toutes les autres). Dans le Réveillez-vous! du 22 août 1972, p. 27-28, il est dit ceci: "Il ne faut pas oublier que la source de preuves complémentaires doit offrir des marques de crédibilité. Est-ce le cas du VAT 4956? En réalité, non.". Comment une tablette réputée peu fiable en 1972, devient-elle soudain la plus fiable de toutes en 2011 ? Ca ne vous étonne pas, vous ?

Conclusion

Les historiens utilisent tout le matériel à leur disposition, Bible comprise. Ainsi, la destruction de Jérusalem en -587 est attestée par pas moins de 17 séries d’indices, qui toutes convergent vers la même année, à quelques mois près.

De plus, le fait que certains textes antiques contiennent des erreurs n’a rien d’étonnant, surtout lorsqu'ils parlent d'une période plusieurs siècles en arrière (comme pour Flavius Josèphe, écrivant au Ier siècle de n. è.), ou se comptent par milliers (comme pour les tablettes d'affaires). Ces petites erreurs ne sont pas des raisons suffisantes pour réécrire l’histoire selon ses besoins.

D’ailleurs, ce que la Watchtower ne dit jamais, c’est que la Bible elle-même est un texte antique, qui est tout autant soumis aux erreurs que les autres. Il suffit de comparer Esdras chapitre 2 avec Néhémie chapitre 7, ou le texte massorétique avec celui de la Septante, pour comprendre à quel point les textes peuvent s'altérer au fil du temps.

On a donc le choix entre deux méthodes. D'une part, la méthode scientifique, qui repose sur un nombre incalculable de preuves, toutes cohérentes (excepté pour de rares erreurs). D'autre part, les allégations mensongères de la Watchtower, qui ne reposent que sur des interprétations humaines de la Bible, et sur une toute petite partie, sélectionnée avec soin, d'une tablette babylonienne elle aussi sélectionnée avec soin (VAT 4956), qui est ensuite réinterprétée par la Watchtower pour soutenir ses idées.

Pour approfondir le sujet

1914 - Histoire d'une prophétie

607 - Peut-on y croire?

Les 70 ans de Jérémie

Recherches complémentaires - Partie 1

Recherches complémentaires - Partie 2